De nouvelles pratiques daccès au savoir Patrice Flichy.

April 4, 2018 | Author: Anonymous | Category: Documents
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Page 1 De nouvelles pratiques daccès au savoir Patrice Flichy Page 2 La participation des amateurs à la production et à la circulation des connaissances est ancienne. Aujourdhui, elle nest plus lapanage de groupes restreints, mais une activité de masse Page 3 PLAN I Les amateurs de connaissances II Des connaissances pour se prendre en charge III La production amateur de connaissances nouvelles Page 4 I Les amateurs de connaissances Les communautés de partage dexpérience La vulgarisation scientifique Page 5 Les communautés de partage dexpérience Evaluer les biens dexpérience, cest à dire des biens dont la qualité nest pas connu a priori (Karpik): Produits culturels Livres (Amazon) Films (IMDB) Tourisme Hôtels (TripAdvisor….), restaurants (City search) Produits technologiques Bricolage Informatique Page 6 Les communautés de partage dexpérience (2) Noter ou conseiller Agréger les notes des consommateurs Démocratiser les avis: notes, like…. Des algorithme secrets Des conseils entre pairs Sur le choix dun matériel ou dun logiciel Sur des conseils dutilisation (indépendants du fabricant) Page 7 Les communautés de partage dexpérience (3) Quel rapport avec les marques? Les marques essayent dinstrumentaliser les amateurs (cadeaux, clubs…) Les données collectées par les sites dévaluation sont vendues aux marques Page 8 La vulgarisation scientifique Lexemple de wikipedia Une encyclopédie faite par les amateurs: En français 1,43 millions darticles, 6° site le plus visité, 2,9 millions de visiteurs uniques par jour En portugais 773 000 darticles Encyclopédie scientifique et populaire Légitimité analogue à lencyclopédie universalis Agrége des domaines de culture populaire (sports, jardinage, médecines douces …) avec des règles délections spécifiques Page 9 Wikipedia (suite) Une participation très inégale (loi de puissance) Une petite minorité rédige la plupart des articles. Les contributeurs assidus sont divers: amateurs et universitaires Mais une coopération démocratique Où chacun est égal aux autres et doit argumenter Ecriture collective Une organisation procédurale Une surveillance de tous par tous Page 10 II Des connaissances pour se prendre en charge Page 11 Des connaissances pour se prendre en charge Les connaissances permettent à lindividu de mieux se prendre en charge Dans ses rapports avec ladministration Dans ses rapports avec les entreprises De prendre en charge sa santé Page 12 Prendre en charge sa santé Les trois quart des français consultent des sites dinformation médicale Pour sinformer sur une maladie Poser les bonnes questions au médecin Mieux comprendre son diagnostic Echanger avec les autres Du savoir abstrait au savoir « vécu » Des interventions compatissantes Des conseils pratiques Page 13 Prendre en charge sa santé (2) La construction dune expertise collaborative Veille, collecte dinformations Mise en réseau des expériences individuelles = création de nouvelles connaissances des pathologies chroniques Ex. Patients like me La question de la propriété intellectuelle Les relations avec les laboratoires Page 14 III La production amateur de connaissances nouvelles Page 15 La production amateur de connaissances nouvelles Lhybridation entre lamateur et le scientifique Les logiciels libres et la passion scientifique La démocratie scientifique et technique Page 16 Lhybridation entre lamateur et le scientifique Trois modes dhybridation La science avec Lamateur collabore avec le scientifique La science à côté Lamateur a ses projets propres La contre-science Lamateur soppose à la science normale Page 17 La science avec Les sciences citoyennes font coopérer amateurs et scientifiques. Les amateurs collectent, surveillent … en botanique (Tela Botanica, eBird …) en astronomie, en archéologie… Lexemple de Tela Botanica 20 000 participants, production dune base de données de référence sur la flore (Proulx) Page 18 La science avec (2) Comment organiser la coopération. Le cas du musée de zoologie de Berkeley Une idéologie commune Des procédures adaptées aux pros et aux amateurs Le concept dobjet-frontière Susan Star Page 19 La science à côté Le risque que les amateurs deviennent les petites mains de la science? Un projet différent Une science locale et non universelle Une connaissance approfondie de cas particuliers Des processus cognitifs voisins (Garfinkel) Page 20 La contre-science Peut-on élaborer une contre science? Les amateurs participent à ce mouvement de la recherche « confinée » en laboratoire, et de développement dune « recherche de plein air » (Callon) Sur de graves questions de santé publique (pollution) des amateurs en mettant en réseau des informations peuvent démontrer que lenvironnement peut être la cause dune maladie Refus du protocole de test en double aveugle par des malades du SIDA Page 21 Les logiciels libres et la passion scientifique Il sagit du cas le plus emblématique de la collaboration entre amateurs et professionnels. Ecriture bénévole de logiciels par des amateurs avertis (lien avec les pros) et des novices. Les uns écrivent le code et gère la communauté. Les autres vérifient Un nouveau mode dorganisation Le bazar opposé à la cathédrale Page 22 Les logiciels libres et la passion scientifique (2) Des conventions strictes qui fondent la confiance. Organisation par niveau de compétences Une démocratie censitaire versus un dictateur bienveillant La licence copyleft (Richard Stallman) Protége le travail des développeurs Empêche quil soit accaparer Page 23 Les logiciels libres et la passion scientifique (3) Pourquoi sinvestit-on dans le libre? Une économie hors marché Le modèle du don. (Caillè, Godbout) Le don nest pas uniquement altruiste « Intérêt à » (salaire, notoriété) « intérêt pour » (plaisir) Le libre associe « intérêt à » et « intérêt pour » (Coris) Page 24 Conclusion La démocratie scientifique et technique La montée des amateurs remet en cause les privilèges des spécialistes (chercheurs, professeurs...) Lhomme ordinaire peut intervenir dans la science Pour son plaisir (lastronome amateur qui regarde les étoiles) Pour participer à la science Pour répondre à ses interrogations propres Pour pouvoir dialoguer avec le scientifiques Pour remettre en cause leurs certitudes Page 25 Conclusion (2) La démocratie scientifique et technique Les conférences de consensus Face à des problèmes scientifiques et techniques complexes qui ne peuvent être résolus ni par les politiques, ni par les experts, les citoyens ordinaires peuvent faire des propositions pertinentes Comme dans les réunions du débat public, Lamateur occupe une vraie place. Internet est un outil essentiel Page 26 CONCLUSION GENERALE Lamateur de lère numérique construit son identité en sexprimant dans les domaines artistiques, citoyens, scientifiques et techniques élargit ses savoirs et ses compétences à travers son expérience un parcours autonome dacquisition de compétences Page 27 CONCLUSION GENERALE (2) participe à une nouvelle forme de démocratisation … celle des compétences Avec lamateur numérique, voici « la compétence des incompétents » (Rancière) Page 28 CONCLUSION GENERALE (3) Grâce à Internet, nous sommes en train de rentrer dans cette société sans école imaginée par Ivan Illich où le monopole de lécole et des médecins prendraient fin Page 29 Bibliographie Alain Caillé, 1994. Don, intérêt et désintéressement. Bourdieu, Mauss, Platon et quelques autres, Paris, La Découverte, MAUSS. Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Le seuil, 2001 Florian Charvolin, André Micoud et Lynn Nyhart (coor.) Des sciences citoyennes ? La Tour dAigues, lAube, 2007 Marie Coris, La culture du don dans la modernité. Les communautés du logiciel libre Réseaux, 2006, n° 140 Jacques Godbout Lesprit du don, Paris, La découverte, 1992 Ivan Illich Une société sans école, Paris, Le seuil, 2003 Page 30 Bibliographie (2) Lucien Karpik « Léconomie de la qualité » Revue Française de Sociologie 1989 Heaton, Lorna, Millerand, F., Crespel, Élodie, & Proulx, S. (2011). « L'extension de la botanique aux non spécialistes : Le collectif en ligne tela botanica ». Terrains & Travaux, Julien Levrel « Wikipedia, un dispositif médiatique de publics participants » Réseaux 2006, n° 138 Jacques Rancière La haine de la démocratie, Paris, la Fabrique, 2005 Page 31 Bibliographie (3) Eric Raymond « La cathédrale et le bazar », 1998 http://gnuwin.epfl.ch/articles/fr/cathedralebazar/cathedrale-bazar.pdf Susan Star et James Griesemer « Institutional Ecology, Translations and Boundary Objects: Amateurs and Professionals in Berkeleys of Vertebrate Zoology Social Studies of Sciences, 1989 Page 32 MERCI


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